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Pita: Au cœur de la détresse des victimes du mystérieux feu qui sème la désolation (Vidéo)

Le 2 octobre dernier, alors que toutes les grandes villes de la Guinée étaient en train de célébrer la fête de l’indépendance du pays, Boral, un village situé dans la préfecture de Pita vivait la désolation absolue. Deux cases ont été complètement consumées, avec leur contenu, par un feu mystérieux.

C’est le début d’une terrible situation qui continue de faire des ravages dans différents villages de la sous-préfecture de Doghol Touma, située à 65km du chef lieu de la préfecture, Pita. Un feu, sorti de nulle part, brûle toutes les cases, les unes après les autres. Le désarroi des habitants est total dans les villages de Boral, Doucki, Sômô. Progressivement, la frayeur s’empare des personnes ayant une case dont le chaume est couvert de pailles.

A Kourawel Sômô, Aïssatou Lamara Bah, âgée de 85 ans, était dans sa case quand sa petite fille l’a informée de la sortie de la fumée blanche sur le toit. Assise sous un oranger, la vieille explique : « vous savez que les vieilles personnes aiment les cases. Donc moi, j’habitais dans cette case qui a pris feu, il y a une semaine. Ma petite fille était en train de se brosser les dents dehors quand elle est entrée me dire qu’il y a de la fumée sur le toi. C’est ainsi que je suis sortie. »

Une autre case, plus petite, servant de magasin pour les outils de travail de la famille, se trouve dans la concession. Pour éviter qu’elle ne brûle, elle a été décoiffée. Mais malgré tout, les pailles ont brûlé là où elles ont été déposées.

Abdoulaye Bah, habitant de Doghol Touma est membre de l’équipe qui recense les cases brûlées. Il a dit avoir assisté à un phénomène très mystérieux : « dans un village, ils ont sorti de la case un grand seau contenant des habits, mais ces habits ont aussi brûlé d’eux-mêmes dans ce seau.»

A Doucki Ley-Missidé, Bah Mamadou Bhoye aussi a perdu sa case avec tout son contenu. C’est là que vivaient ses parents. Le vieux, âgé de près de 90 ans, a évacué de la case, la veille de l’incendie. Avec sa canne, le vieil homme parvient difficilement à articuler des mots audibles, à cause notamment de l’âge et de la maladie. Il n’a pu que remercier « le bon Dieu qui sait ce qu’il fait. Ce feu s’est déclaré par la volonté de Dieu. Nous tenons à le remercier et à implorer sa grâce.»

«C’est d’abord la fumée qu’on voit en premier. Celle-ci couvre la case petit à petit puis s’enflamme. Même si vous enlevez la paille, elle brûlera là où vous l’avez déposée», explique Bhoye, sous une chaleur torride du feu qui brûle sa case derrière lui. Non loin, des femmes sont observent impuissantes la scène, des larmes involontaires aux yeux. Sans doute foudroyées dans leurs âmes par le spectacle hallucinant auquel elles assistent dans leurs localités.

A une dizaine de mètres de là, la case d’une veuve, avec ses six orphelins, est réduite en cendres. Elle dort avec ses enfants à la belle étoile. Un peu plus loin, c’est le même constat. Des familles sont sans-abri. Ibrahima, le premier muezzin de la mosquée du district de Doucki, n’a pas où dormir, si ce n’est qu’au dehors.

 «Actuellementles enfants passent la nuit dans la maison de mon petit frère. Le reste, c’est sous le manguier qu’on dort, puisqu’on ne peut pas être dans la même chambre avec sa belle famille», a-t-il confié.

Mariama Bah était dans sa case, aux environs de 16H. C’est sa fille qui est rentrée lui tirer la main. Une fois dehors, elle lui a montré la fumée sur le toit. Puis, soudain, elles ont vu le feu s’intensifier.  Assise sous un arbre se trouvant en face de sa case, Mariama fait téter son bébé. Une tasse contenant de la bouillie en main, elle donne quelques cuillérées à son enfant débout en face d’elle.

«C’est ici sous cet arbre que je prépare ce que je gagne pour donner à manger à mes quatre enfants. La nuit, on se disperse. Parfois, je vais chez mes voisins de l’autre côté et un autre jour je vais c

hez d’autres. Des fois, il se trouve qu’ils sont nombreux là-bas et je dors dehors avec mes enfants», explique-t-elle.

Depuis le 2 octobre jusqu’au 3 novembre, 78 cases ont été consumées par ce feu dont personne ne sait l’origine. Désormais, les sinistrés ne veulent que d’une seule chose : les aider à remplacer les pailles par des tôles. C’est pourquoi ils lancent un appel aux bonnes volontés, qu’il s’agisse des ressortissants de Pita, des anonymes, du gouvernement, des ONG et institutions internationales. En attendant, les citoyens organisent des cérémonies de lecture du Saint Coran afin d’implorer la grâce de Dieu.

Il y a trois ans, ce genre d’incendie mystérieux a été enregistré dans le district de Tangan, sous-préfecture de Maci, dans la préfecture de Pita. Mais jusqu’à présent, aucune explication scientifique n’a été apportée sur ce sujet.

Guineenews

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